Aujourd’hui, un article traitant de la création de modules elearning, et, plus particulièrement, de l’estimation du coût d’un tel projet. Proposer une estimation de tarif précise pour une prestation d’ingénierie pédagogique et/ou de médiatisation d’un storyboard n’est pas une tâche facile. En effet, de nombreux paramètres entrent en compte : voix-off, niveau d’interactivité, création d’un template pour le module, recherche ou non de visuels (à ce propos voir cet article sur la recherche de contenus libre de droit)…

Je voulais donc partager ici quelques méthodes et conseils issus de mon expérience personnelle. On supposera que les contenus de la formation sont déjà définis, c’est-à-dire que le storyboard est prêt ou en coure de développement.

L’idéal : on a le storyboard du/des modules

Dans le meilleur des mondes, on vous contacte avec un storyboard déjà prêt et vous pouvez le voir. Là, c’est le cas parfait, on a toutes les cartes en main et il n’y a pas de surprises. Le nombre d’écrans est connu, les interactions qu’on va devoir intégrer dans le module sont décrites précisément : quiz, pop-up, cliquer-glisser, schéma interactif, captures d’application…

On connaîtra aussi la durée des voix-off et la méthode de création est normalement déjà choisie. Est-ce que l’intégrateur devra simplement intégrer des voix-off enregistrées préalablement ? Ou est-ce qu’il devra utiliser un synthétiseur de voix pour créer lui-même les voix-off et ensuite les intégrer au module ?

Aussi, le client sait normalement s’il a besoin de vous pour rechercher des visuels pour embellir le module. Tâche qui, s’il est effectivement simple, peut facilement prendre beaucoup de temps.

Le plus dur : estimer un prix en aval du projet

Le client (ou le prestataire qui conduit le projet) peuvent vous contacter avant, ou au cours, de la création du storyboard des modules de formation, s’ils doivent anticiper ou rattraper un retard dans le projet par exemple.

Ils pourront même vous contacter encore plus en aval du déroulement du projet, simplement pour définir leur budget en obtenant un devis. A ce niveau là, les contenus de la formation peuvent n’être même pas vraiment définis. Et là, en tant que concepteur elearning, on devra fournir un devis attractif sans non plus brader ses prestations. Et cela peut vite devenir périlleux de fournir des prix sur des demandes non finalisées.

Après avoir participé depuis quelques années à différents projets elearning en tant qu’indépendant, j’ai évidemment eu à fournir de nombreuses fois des devis ou estimations de prix sans avoir une connaissance précise des contenus. Sans connaître précisément le sujet et les contenus du module elearning que j’aurais à intégrer, c’est-à-dire sans avoir de storyboard, j’utilise en général deux méthodes différentes pour évaluer la charge de travail : soit par le nombre d’écrans estimés, soit par la durée prévue du module.

Évaluation par le nombres d’écrans

J’ai commencé à utiliser cette méthode quand je me suis rendu compte que je savais définir assez précisément, selon le niveau d’interactivité attendu, le nombre d’écran que je peux intégrer par journée de travail.

Évidemment, le point faible de cette méthode est qu’il faudra évaluer le nombre d’écrans que pourrait contenir le module. Elle donc efficace si on a déjà au minimum un début de storyboard, ou, un module pilote que l’on peut voir pour avoir une idée du nombre d’écran du futur module.

Évaluation par la durée du modules

On peux aussi fournir un prix selon la durée du module fini. Dans le milieu, on voit souvent des estimation de coût du elearning à l’heure. Cette méthode d’estimation peut donc permettre au client de voir tout de suite la part de la prestation d’intégration ou de médiatisation dans le coût global de sa production.

Je sais par exemple combien de jours il me faut pour intégrer un module multimédia d’une quinzaine de minutes (pour un niveau interactivité donné). Cela dit, cette méthode présente un point faible dans deux cas.

Premièrement, si le module contient beaucoup de voix-off, et que ces dernière sont longues, le temps d’intégration multimédia mis face au temps du module fini d’aura plus de sens.

Exemple extrême:

  1. module de 30 minutes : 30 écrans, une voix-off de une minute par écran
  2. module de 30 minutes : 3 écrans, une voix-off de 10 minutes par écran

Le premier cas sera évidemment plus long à réaliser pour l’intégrateur multimédia, il y aura plus de fichiers différents à intégrer et à synchroniser, moins d’écrans, et pourtant, la durée sera la même.

Deuxièmement, dans le cas d’un module très interactif ou d’un jeu (serious-game), où cela n’a plus vraiment de sens de définir une heure de formation, l’apprenant étant plus libre dans le parcours de la formation.

Conclusion

J’ai présenté ici mes méthodes personnelles pour évaluer le temps de travail sur l’intégration de modules elearning. Cela peut évidemment varier selon le niveau d’interactivité attendu ou le logiciel utilisé (ex : Articulate Storyline, Flash…) et ce sont des méthodes qui fonctionnent quand on connaît bien ses capacités et la vitesse à laquelle on travaille.

Pour cela, il est fortement conseillé de toujours faire un suivi précis de son temps de travail, sans hésité à même découpé précisément par tâche : recherche d’images, intégration d’un écran, création du lecteur du module, intégration de voix-off…

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