Quelques réflexions sur le microlearning

Aujourd’hui, petit point sur un nouveau mode de formation en ligne en vogue, le microlearning. Ses principaux avantages et inconvénients et la place qu’il peut prendre dans un dispositif de formation.

Qu’est-ce que c’est ?

Le microlearning est un mode formation en ligne basé sur des séquences multimédia courtes, de 30 secondes à 5-6 minutes. Les avis sont souvent divergeant au sujet de la durée, personnellement, plus long que 5 minutes, je trouve que c’est un module elearning au sens plus classique du terme.

Les capsules de microlearning sont donc de petites sections de contenus de formation dans lesquelles on se concentre sur un seul objectif, une seule compétence ou connaissance à acquérir.

Le concept de microlearning est en fait déjà largement répandu sur le net. Qui n’a jamais recherché sur Youtube un tuto pour résoudre un problème technique ou apprendre quelque chose : réparer sa cafetière en panne, changer sa roue de vélo, apprendre un exercice de yoga, nettoyer un siphon de lave-linge, apprendre une nouvelle méthode de maquillage… On trouve un tuto vidéo sur à peu près tout et n’importe quoi.

À l’ère du tout apprendre, très vite, il apparaît donc logique que ce concept se transpose au milieu du elearning et de la formation en ligne. Avec ses avantages et ses inconvénients.

Qu’est-ce que ça permet ?

Le microlearning va donc permettre de découper un contenu de formation en “petites bouchées” facilement assimilables, en permettant à l’apprenant de se concentrer sur un sujet précis, sur un cours moment. On évite les modules fleuves de 20 à 30 minutes, avec trop de contenus.

Le format court permet aussi une bonne adaptation sur supports mobiles, qui ne sont pas forcément adaptés pour la lecture de longs contenus (textes longs, documents externes, longues vidéos…) qui peuvent apparaître dans des modules elearning “classiques”.

Le contenu sera disponible sur demande, l’implication de l’apprenant sera donc probablement plus grande, puisque c’est l’apprenant qui maîtrise lui-même son parcours de formation.

Également, la notion de rapide et à la demande permet à l’apprenant de revenir facilement sur la notion en tout temps, de la revoir au besoin (oubli, besoin d’un rappel…). Exemple : l’apprenant a vu une capsule “Création d’un nouveau client dans la base client” pour un logiciel CRM. Plus tard, il doit ajouter un nouveau client dans le CRM, mais il a oublié où se trouve le bouton Ajouter un client.

L’apprenant pourra faire appel au contenu au moment opportun. Quand il a un court moment de libre (bel avantage pour les entreprises qui veulent caler les formations dans les emplois du temps déjà chargés des salariés), ou alors, au moment où il en a besoin. Par exemple, je sors mon vélo de la cave au printemps et je me rends compte que la roue est crevée. Ça fait longtemps que je n’ai plus réparé une roue de vélo et j’ai oublié. Je sors mon téléphone et je regarde un tuto “Changer une roue de vélo en 5 minutes”.

Qu’est-ce que ça ne permet pas ?

Le format en “petites bouchées” permettra de combler des besoins de formation précis, mais il est évident qu’on ne peut pas découper toutes les formations en micro-séquences. Tous les sujets ne peuvent être traités en 5 minutes et certaines notions ont besoin d’être vues plus en profondeur, avec des contenus de formation en ligne plus étoffés ainsi qu’avec des formations en présentiel.

Il donc très important de mener une réflexion pour être sûr de ne traiter en microlearning que des sujets qui y sont adaptés. Par exemple, on ne va pas traiter en microlearning dans une vidéo de 5 minutes l’utilisation de la lance à incendie pour une formation destinée aux pompiers. Mais on pourrait par contre traiter la présentation du remplissage d’une fiche de rapport d’intervention (sujet fictif), action qui serait ensuite pratiquée avec un formateur par exemple.

Une fois la décision prise de traiter une sujet, le risque sera aussi de vouloir trop le simplifier pour obtenir une durée d’apprentissage plus courte.

Les capsules de microlearning ne se suffisent pas à elles-mêmes, elles interviennent dans un contexte précis. Pour revenir à l’exemple du vélo, on ne traite que le changement de la roue, mais cela implique que l’apprenant connaît l’anatomie d’un vélo, sait utiliser une pompe à air… Ou pour l’exemple des pompiers, remplir une fiche de rapport d’intervention implique que le pompier sait ce qu’est une fiche de rapport d’intervention

Le microlearning impliquera donc toujours des pré-requis que l’apprenant a acquis au préalable (par expérience ou lors d’apprentissages précédents).

Conclusion

Le microlearning est dans l’ère du temps, tout disponible, très vite. Il permet de rendre accessible des contenus de formation très rapidement et à la demande. Mais tous les sujets ne se prêtent pas à ce mode de formation, on ne peux synthétiser et simplifier tous les sujets. Certaines notions ou apprentissage requierent d’y passer du temps et d’y réfléchir en profondeur.

Ainsi, le microlearning ne doit pas être vu comme une fin en soit mais plutôt comme une composante supplémentaire à un cursus de formation global. Il complétera très bien le présentiel et des méthodes de formation en ligne plus étoffées (webconférences, lecture de documents, modules elearning plus “classiques”…). Il permettra de présenter efficacement, et à la demande, des tâches ou des notions précises dans leur contexte d’utilisation, qui aura été présenté en amont.

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